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Le désert d’Agafay. Son désert de pierres. Son calme. Ses couleurs. Son panorama d’exception.

Il y a une douzaine d’années, des passionnés du désert y ont lancé des projets touristiques resépectueux de leur environnement, au cœur de ce décor d’exception. Ils y ont installé, ça et là, camps et bivouacs pour faire découvrir aux visiteurs ses beautés, sa sérénité et sa douceur de vivre. Et ce, en harmonie avec l’environnement naturel et les douars séculaires.
Douars dont les habitants, longtemps isolés, participent à ces projets, nombre d’entre eux ayant été intégrés aux équipes, de façon pérenne. Des projets éco-touristiques installés au cœur des montagnes et accessibles après quelques kilomètres de piste.
Puis, la route goudronnée a fait son arrivée, il y a environ 4 ans. Et si elle devait avoir l’avantage de quelque peu désenclaver les 4 villages concernés, elle a également apporté son lot d’incon vénients, notamment à la faveur de la crise du Covid-19. C’est en effet à cette période récente, quand le désert d’Agafay est resté une des rares zones touristiques en activité pendant la crise pandémique qu’il a été pris d’assaut par des opérateurs privés qui ne partagent par la même philosophie que les précurseurs.
En effet, si ces précurseurs, rejoints par de nouveaux venus, privilégient l’éco-tourisme, des camps discrets, le calme, le respect de la nature et des habitants des douars, certains acteurs touristiques optent pour un tourisme « voyant, bruyant, effréné », constatent plusieurs porteurs de projets éco-touristiques.
Ainsi l’un d’entre eux, un des plus anciens propriétaires des camps écologiques, Terre des Etoiles, Pierre-Yves Marais, résume-t-il ce nouveau tourisme en ces termes: «Quads, piscines visibles de puis la route, dromadaires en souffrance, chevaux entravés, déjeuners à la sauvette, tout, sauf le développement maîtrisé d’un éco-tourisme porté dans les médias par les responsables».
Lui comme ses confrères restent favorables au développement, mais pas tous azimuts. Tous s’interrogent aujourd’hui sur la stratégie de développement touristique voulue pour cet environ nement particulier à préserver et sur le devenir de cet éco-système particulier qu’est le désert d’Agafay, mais également sur l’avenir des habitants des douars.
Pour Pierre-Yves Marais, la prolifération de ces opérateurs induit « nuisances, bruits, poussière, accidents et clients souvent insatisfaits d’une excursion entre lignes électriques et route gou dronnée ».
Et d’ajouter que nombre de ces activités ne bénéfcient pas réellement aux habitants contrai rement aux idées véhiculées, puisqu’il précise: « nous sommes là, souvent, dans l’univers de l’informel. Et quid des autorisations ? Qui les donne ? Et qui encadre les activités ? » De plus, les touristes des camps et bivouacs, tout comme les habitants des douars, subissent de plus en plus les nuisances sonores, le son des sonos puissantes se propageant à des kilomètres.
Les opérateurs de l’éco-tourisme ne disent pas non au développement du secteur touristique dans le désert d’Agafay, mais s’interrogent sur la forme qui lui sera, ou lui est déjà, donnée.
Aujourd’hui, ils appellent à un débat, une discussion, voire une concertation avec les autorités compétentes. Ce sont plus de 4 douars et une commune qui sont concernés. Et ce sont égale ment 200 emplois pérennes dans 10 établissements qui sont en jeu.
Alors quel futur privilégier ? Des soirées musicales entre amis de passage, ou 20 000 clients résidant à Agafay sur l’année entière ?
Et trouver des lieux d’alternatifs ailleurs pour les dits fes tivals ?
« Nous sommes face à une réalité et des interrogations : un développement, oui, mais lequel ? Comment ? Pour qui ? Et avec qui ? », interroge encore Pierre-Yves Marais.
Les questions sont ouvertes. A suivre…